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Roleplay : Brainless Friends

Salut à tous,

Il y a quelques mois de cela, un poto et moi-même décidâmes d'entamer une aventure dans la peau de deux loosers patentés que la bière rassemblait en un duo de redoutables piliers de bars champêtres :

Drasah l'Entropiste Elfe multi-classé (Magicien/Pochette Surprise/strip-teaser de maison de retraite) aux côtés de l'indomptable Druide Lycanthrope Ralexiel (Récemment expulsé du Bosquet Elfique Kronenbourg pour viol de tonneau).

Nous voici à l'orée de l'introduction du récit inspiré de nos nombreuses mésaventures, qui souvent, faisaient suite à une décision stupide de notre part où à un combat dont la magie entropique avait renversé la tournure. Complètement à contre-pied de notre besoin d'épique et de flamboyant initial, les fou-rires qu'on provoquées nos conneries m'ont finalement convaincu de la légitimité de les modeler en une chronique plus centrée sur nos déboires que sur le fil conducteur du jeu ; En espérant que le début plaira à quelques uns :)


INTRODUCTION : "LA FUITE DE CHÂTEAU-SUIF OU DEUX CONS DANS UN DONJON"


Lourdement ancrée dans le roc inébranlable d’une falaise abrupte, une immense silhouette de granit s’élançait orgueilleusement dans l’ébène impénétrable que constellaient les astres nocturnes. Tendrement enveloppée dans les bras ténébreux de la voûte céleste se tenait la forteresse, dont les remparts impassibles subissaient les assauts perpétuels d’une mer déchaînée.
Le fracas des vagues et le gargouillis des ressacs, d’ordinaire plus assourdissants que les colères de maman semblaient eux même capituler au profit d’un paisible frémissement lassé, caresse glacée des eaux sur les faces polies d’un joyau inaltérable.
Mais cette nuit, la citadelle ne préserverait guère plus que les nombreux manuscrits qu’elle abritait en son sein, prétexte dominant au dandysme pour les excentriques suffisamment nantis pour se financer l’entrée tant convoitée au cœur de ce qu’on appelait alors pompeusement « Le Sanctuaire Sacré de la Connaissance » à la cour des cuistres…

Au désespoir des Erudits du prestigieux bastion, la Sagesse était devenue une Attraction et le Refuge, une Prison.

Si les mûrs du château protégeaient ses livres avec l’inflexibilité d’un vieillard aigri, les occupants d’une telle place forte ne bénéficiaient pas toujours des faveurs du lieu.
Ce soir-là, le puissant Castel, jalousement conservé dans l’écrin du crépuscule, éructait deux maladroits fuyards dans les bois que surplombait le Donjon.

Recouverts de la poussière infecte que brassait la bibliothèque de leur ancienne demeure, les deux acolytes galopaient avec frénésie, sautaient par-dessus les taillis et se faufilaient à travers des sentiers toujours plus sinueux dans l’espoir de perdre leur effroyable assaillant à même la cime des charmes, la lame encore écarlate du sang de leur mentor.
Bien qu’issus de milieux singulièrement dissemblables, ces deux apprentis avaient été choisis au berceau pour suivre un entrainement poussé dans leurs disciplines de prédilections respectives, sous l’égide d’un des mages les plus illustres du fortin, que leur poursuivant avait occis sans embarras aucun : Gorion dit Gogo la fouine.
Ce virtuose des arts mystiques les avait préparés à un si long voyage que leur paquetage entier, brinquebalé en tous sens, bouffi d’armes sommaires et de quincaillerie clinquante, braillait les pétarades métalliques des casseroles qui s’entrechoquaient à chaque foulée maladroite que lançaient à la hâte les deux ballots, le diable aux trousses et la peur aux tripes.

Comme deux ivrognes titubants traqués avec rage par un tavernier courroucé, les compères coururent ainsi jusqu’à l’aurore, légitimement épuisés tandis qu’ils constataient avec soulagement le soudain abandon du démon qui les talonnait : Leur Nemesis avait disparu, mais le tavernier n’oublierait pas leur dette de sitôt.
Résolument décidés à s’en acquitter avec le panache d’un furet hémophile, ces aventuriers en herbe ne pouvaient désormais plus reculer devant un défi à la mesure de leurs talents aussi nombreux que certains : l’assassin de leur maître paierait pour ses crimes, et ils paieraient pour leurs pintes.

Dans l’harmonie enchanteresse du chant cristallin d’une mésange zinzinulante couvert par le piaulement grotesque d’une buse argentée, une gélinotte gloussait : nos héros s’enhardissaient, redoublaient d’ardeur guerrière et pissaient contre un arbre. Une Sarcelle en trufflait…

Les deux légendes en devenir se fixèrent intensément, brusquement conscients de l’ampleur de la rude besogne qui les attendait. Dès lors, ils comprirent que seul un sens indéfectible de la loyauté autant qu’une amitié profonde et sincère les exempterait d’une mort atroce sous la dent acérée d’un écureuil.

Puis l’un dit à l’autre sans clameur :

« Au fait Ralexiel, t’es qu’un con
-Et toi Drasah, t’es qu’une daube »

ptezosaure

Comments

  • ptezosaureptezosaure Member Posts: 1
    Salut !
    Excellente idée.
    D'une part remettre ici un peu de Roleplay, histoire de s'évader un peu des problèmes de Gameplay, et de revenir à l'essentiel.
    D'autre part mettre une bonne couche de fantaisie dans le Role play en question ! (Ben vi il en faut de l'humour et la connerie pour descendre d'un père qui, histoire d'assurer l'avenir, n'a rien trouvé de mieux que de violer toutes les espèces vivantes.
    Et pour finir un bien beau niveau de langage, qui déjà vaut un bravo, mais sera peut-être un poil trop complexe pour suivre clairement l'action en cas de suite...

    En tout cas merci du partage et au plaisir de vous lire.

  • VitchenzVitchenz Member Posts: 8
    Merci beaucoup !

    Sur la route qui menait au Brasamical, une nouvelle recrue rejoint les rangs de notre compagnie sous les traits de Yaga (une Bretteuse +5 contre les porte-monnaies).

    Rien ne notable ne nous arriva depuis, du moins... jusqu'à notre fracassante entrée dans l'auberge...

    CHAPITRE 1 : LA OU ON PASSE, L'ORDRE TREPASSE

    Les cliquetis grinçants de la cohorte métallique de rouages corrodés signalaient l’ouverture imminente d’une imposante porte de chêne noir. Solidement enclavée par delà le crénelage d’un mur à l’épreuve de l’éternité, une tour nappée de brume projetait une ombre monumentale sur les silhouettes affairées qu’elle contemplait avec la bienveillance d’un gardien.

    Le spectacle fortuit d’un édifice d’une telle stature aurait glacé d’effroi n’importe quel quidam en mal d’émotions champêtres si le fronton de façade n’arborait pas l’emblème rassurant du « Brasamical », auberge aujourd’hui prisée des communs en dépit d’un passé aussi malsain que mouvementé.

    Quelques instants avant l’inévitable trépas et dans les derniers soubresauts de ses gargouillis confus, Gorion avait tenu à dispenser son ultime conseil en tant que gourou : un héritage intégralement dédié à la survie de ses apprentis, patiemment sculpté en une courte maxime nimbée d’une Sagesse Millénaire et de Mystères Insondables, une citation que les grands hommes de notre temps ne se privent guère de plagier à outrance :

    « Cinq Fruits et Légumes Par Jour… AArg »

    La fulgurance des raisonnements de Drasah et son ébouriffante capacité à révéler d’éclatantes vérités avec la plus stricte exactitude eurent tôt fait de dévoiler le lien manifeste entre les derniers mots de son maître et les cultures abondantes de chou frisé dans l’enceinte protectrice de cette gargote aux fausses allures de campement militaire : à n’en pas douter, leur ancien mentor les guidait vers cette pension, à la recherche d’alliés potentiels.

    Harassés par un long voyage et accablés d’épouvante à l’idée que le terrifiant guerrier lancé à leur poursuite surgisse à tout instant d’un arbuste pour s’emparer de leur dernier galon de bibine, Métamorphe*, Bretteuse* et Entropiste* avancèrent sans bruit sous le porche d’une entrée balisée de gardes en armure.

    Dans la cour intérieure, le petit jour achevait de presser les résidents à leurs tâches quotidiennes : faisant face au portail à la base des remparts, un fermier au faciès buriné et maculé de taches de boues éparses tournait et trébuchait dans l’enclos à cochons qu’il tentait avec peine de nourrir dans le vacarme grouinant des bêtes agitées. Par devant la paroi de la tour principale, d’autres métayers s’employaient à la traite des bovines, le geste sûr et le regard las des gens affables dont l’existence entière est tournée vers la rudesse de l’effort et la quiétude de la routine.

    Partout les roturiers allaient et passaient, sans jamais de répit, l’esprit constamment tourné vers leur labeur et leurs pognes usées perpétuellement occupées à quelque corvée urgente, sous l’œil alerte d’une force de mercenaires suffisamment discrète pour se fondre dans la masse.

    Une atmosphère chaleureuse baignait l’endroit, embaumant l’air du doux parfum d’un foyer que nos héros avaient dû quitter dans le chagrin. Un petit temple vétuste occupait l’aile Est des lieux, observant continuellement du haut de sa croix de « Heaume* » le déroulement paisible des vies placées sous sa vigilance.

    A l’approche de Ralexiel le bétail s’affolait et ruait derrière les clôtures, comme s’il pouvait deviner la véritable nature de la redoutable bestiole qui sommeillait en lui, tant et si bien qu’Achille, le vieil exploitant du Brasamical, finit par apostropher sans ménagement le petit groupe d’aventuriers :

    « Hé dîtes-donc les guignols ! Eloignez-vous de mes vaches ou je vous arrache les esgourdes ! Vous vous croyez les rois dans vos atours de pécores et avec votre fourbi de jardinier ? Les aventuriers, moi, je les renifle à cent pas même avec une bouse sur le visage ! Débarrassez-moi le plancher bougres d’abrutis, il y a des gens qui travaillent ici !

    -Pardonnez-nous monsieur, croyez bien qu’on ne vous ennuiera plus, nous passons notre chemin de
    suite » répondit Drasah à la hâte en prenant Ralexiel par le bras pour l’éloigner des noiraudes, d’autant qu’il le sentait fulminer et prêt à sauter à la gorge de l’exaspérant blasphémateur de frusques.

    Finalement disposés à ignorer les injures du chiard décrépi, les trois compagnons poursuivirent leur bonhomme de chemin dans ce cocon pastoral, pour jouir d’une pause bienvenue entre deux chevauchées démentes au cœur des terres sauvages de la Côte des Epées.

    Une seule et sombre aura contrastait avec ce décor bucolique : Un escalier taillé dans le roc d’une des parois de la tour permettait d’y pénétrer pour y quérir les services du tavernier. Sur le palier d’accès au premier étage siégeait un étrange individu accoutré avec l’extravagance de la gent aisée. Dans l’affluence constante des manants en agitation, il semblait seul à attendre, à scruter le cloître à l’affût d’un signe, d’une arrivée prévue depuis longtemps.

    A la vue des trois héros qui entreprenaient de gravir les premières marches, son visage s’éclaira soudain et son regard prit un air des plus inquiétants ; il lança, plein d’assurance :
    « Salut Camarades ! Vôtre maintien ne cadre vraiment pas avec celui des autochtones, messieurs ! Quel bon vent vous amène donc en cette belle région ? »
    Messieurs ? La remarque leur fit prendre conscience de l’absence subite de Yaga, leur facétieuse roublarde, dont l’imprévisibilité naturelle mènerait à coup sûr ses mains avides de jonc aux attraits d’une bourse imprudemment ficelée, ou d’un tiroir mal verrouillé.

    « Et vous « camarade » ? » Répliqua sans hésitation Ralexiel au curieux personnage affublé du plus vicieux des sourires…

    « Je suis à la recherche d’un groupe de personnes en particulier, et il se trouve que vous correspondez parfaitement à la description qu’on m’a donnée. Vous ne fréquentiez pas Château-Suif il y a peu ?

    - Il a pu nous arriver d’y passer en effet, mais en quoi cela vous regarde t-il ? Répondit Drasah, les sens en éveil et la main au fourreau, désormais épris du sentiment funeste d’être tombé dans le plus grossier des traquenards.
    - J’ai maintenant la conviction d’avoir mis la main sur la personne que je cherche, plus de doute possible, « camarade ». Ne bougez donc pas, j’ai quelque chose pour vous »

    Sans crier gare, un éclair d’une clarté aveuglante emplit le patio d’une lueur mystique et frappa de plein fouet la poitrine de Drasah pour le projeter violemment dans les sacs de grain qui bordaient le corral en arrière de la scène, dans une détonation assourdissante qui brisa net les rondins d’un enclos à pourceaux. L’Entropiste, bien que protégé par un champ de force de faible niveau, gisait grotesquement dans la fange des porcs grouillant alors la cour, dépourvus d’entraves.

    Dans le chaos indescriptible qui suivit l’attaque, une escadre de gardes affectée à la cour pointa les arcs en direction de l’intrus, lequel marmonnait ses incantations dans un dialecte abscons sans se préoccuper de ses assaillants. C’est du moins ce qu’il semblait, jusqu’à ce que le capitaine donne l’ordre d’envoyer une volée de flèches à destination du dangereux magicien. A l’instant précis où elles auraient dû atteindre leur cible, une onde troublante auréola distinctement les contours de l’arcaniste puis les brouilla, déformant les galbes de sa substance pour former… dix images illusoires parfaitement identiques et se mouvant simultanément !

    Deux reproductions venaient de s’évaporer sous le tranchant des lames et la force de pénétration des projectiles lorsque le scélérat énonça les termes d’un nouvel enchantement : à l’aboutissement du sortilège, une nouvelle vague lumineuse émana des doigts squelettiques du sorcier. Un rayon lugubre heurtait les mines désemparées des gardes, pour les voir détaler en hurlant désespérément sous l’action d’une terreur magique. Inutile de préciser à quel point c’était le bordel.

    Ivre de colère et bourré à la bière, Ralexiel ne parvenait plus à maintenir sa forme humaine sans roter. Ses pouvoirs de lycanthrope s’éveillaient à une conscience féroce où les insultes lancées à l’encontre de l’ensorceleur, débitées d’une voix fine et cristalline, étaient grognées d’une voix rauque et gutturale à mesure que son corps se recouvrait de muscles et de poils dans des spasmes de douleur intense. Force et Fureur se ruaient vers le mage, renversant les badauds apeurés de la foule, sautant avec autant de grâce que de puissance par-dessus les toits, toutes griffes sorties et crocs acérés, alors que Drasah se remettait péniblement de l’attaque initialement subie et préparait son prochain sort : une flopée de projectiles magiques luminescents fusèrent vers les leurres à dissiper et permirent à Ralexiel de se rapprocher davantage de leur ennemi, désormais acculé. Mais la bête chargea le frêle morceau de chair sans tenir compte de son pouvoir considérable : Elle encaissa le choc d’un essaim de météores arcaniques qui la stoppèrent net dans sa course et roussirent son pelage hérissé de rage.

    En contrebas du grabuge, Drasah ne pouvait plus se permettre d’utiliser sa panoplie traditionnelle de sortilèges. Obstinément résolu à en finir avec leur adversaire, il orienta sa volonté vers la part incontrôlable de ses capacités : la magie entropique, ou Roulette Russe pour les profanes, achèverait d’anéantir les intentions malveillantes du Mage chasseur de primes. Un vent impétueux tourbillonnait autour de l’Entropiste et le ceignait d’un halo crépitant d’une énergie inouïe. Une sphère de plasma de plasma surchauffé vrombit furieusement dans les airs puis déflagra à la barbe du sorcier ennemi, les défenses en miettes et le dos au mur.

    Avant qu’il ne puisse attaquer à nouveau, Ralexiel avait planté ses ratiches dans le crâne fluet du hardi qui avait osé le défier, et, d’un simple coup de patte, envoya valser l’impudent dont le corps meurtri se fracassa sur le mur voisin du temple qui jouxtait le combat, le marquant d’une trainée sanglante de long en large du bâtiment. Une bataille venait d’être remportée, au soulagement de nos héros.

    Le terme de l’échauffourée leva le voile sur un tableau insolite. L’incantation de Drasah ne leur avait pas simplement offert une victoire, elle s’accompagnait d’effets secondaires particulièrement déplaisants : la populace alentour se tortillait et se grattait fougueusement dans une place qui empestait la vache calcinée et le porc grillé : une seconde boule de feu avait choisi de ne pas suivre la direction que lui avait indiquée son créateur et s’était écrasée dans les enclos à bétail du vieil Achille.

    La garde avait repris ses esprits et s’empressait d’aller rosser les responsables de ce désastre, suivis d’un Achille hystérique dont les marbrures faciales viraient au violet-pourpre.

    Yaga, qui avait choisi ce moment pour revenir du plan spectral, réapparut les mains encombrées de larcins divers, de pantalons dorés et d’un porcelet qu’elle coinçait sous son bras, en courant sans prêter aucune attention à ses compagnons, la fuite dans les chromosomes.

    C’est un Ralexiel apaisé et un Drasah catatonique qui contemplaient la débâcle avant de crier de concert : « Galoupiaaaaade !!! », en prenant la poudre d’escampette.

    Une armée au scrotum et Achille sur leurs talons, le Brasamical leur avait botté le train.

  • VitchenzVitchenz Member Posts: 8
    edited May 2013
    Petite explication sur un terme un tantinet exotique : GALOUPIADE

    Saviez-vous que cet art que vous pratiquiez sans le savoir représente le fruit de milliers d'années de fuites gouvernées par l'instinct humain ?
    Saviez-vous que derrière chaque chevauchée que vous entamez, 10 mobs au derche, la peur au ventre, parce bon, m****, faut bien survivre dans ce monde impitoyable où même les gloutons peuvent érafler les motifs léopard de votre cape, saviez-vous disais-je qu'un simple mot résume toute la détresse de votre situation ?

    Galoupiade :


    Nom féminin, tiré du Grec galopos désignant alors dans l'antiquité une course brutale et effrénée lors de laquelle les rythmes cardiaques des athlètes Spartes feraient pâlir le plus pétochard des soldats dans "Alien", ou le plus Romantique des amants avant de demander la main de son aimée à la future belle-mère (dragonne)...

    Introduit plus tard, le substantif "piadum" désignait, seul, la queue pendante d'un jeune mâtin que l'ordre d'attaquer un adversaire apparemment plus fort faisait s'agiter.

    En effet l'association des deux mots au fil des époques a créé, contrairement aux pompeuses terminologies militaires que nous ont amené les guerres régies par la stratégie la plus mécanique (je pense notamment au terme "retraite" ou repli") un aphorisme non dénué de poésie.

    Ce terme est souvent associé à la lâcheté passagère du guerrier qui constate que tout est perdu pour lui, autrement appelé familièrement "dégonfle" ou plus vulgairement "faire sa tarlouze".

    Dans tous les cas ce terme rondelet et savoureux en bouche désigne une fuite stratégiquement désorganisée, le plus souvent accompagnée de cris de terreur et d'abandon d'arme, d'armure et de slip/caleçon/string, couverte du rire triomphant de l'ennemi, qui ne perd rien pour attendre parce que de toutes façons, je vais respawn à deux mètres pour lui mettre sa rouste...

    Parfois, quand la situation et/ou l'environnement le permet, nous pouvons distinguer la galoupiade dite terrestre/aérienne quand un gouffre ou une petite branche sur la falaise voisine permet d'échapper In extremis aux foudres de sa némésis, de la galoupiade aquatique/maritime lorsqu'un lac ou une rivière proche n'attend que nos petites fesses appeurées pour y plonger sans tarder.

    C'est bien simple, lorsque le danger se fait sentir et que la vie se fait basse, je ne peux plus m'empêcher de m'écrier : Galoupiaaaaade !!!!

    Post edited by Vitchenz on
  • VitchenzVitchenz Member Posts: 8

    CHAPITRE 2 : LOSER'S BLUES


    Sous la lueur ténue des lanternes suspendues aux poteaux dela ruelle, trois ombres disjointes se tassaient à l’approche d’une placette désertée par les promeneurs.

    Le soir tombait paisiblement sur les lurons encore à charge de démonter les derniers étals du comptoir à camelotes du petit bourg. Adossé à l’inscription érodée qu’un antique prévôt avait gravée sur le socle d’une impressionnante statue à la gloire d’un héros oublié, le crieur public haranguait ce qu’il restait de foule autour de la démesure du monument.

    « Oyé Oyé nobles âmes ! » lançait-il sans arrêt avec la même énergie qu’à l’aurore, constamment ignoré par une clique de va-nu-pieds accablés de labeur.

    Proscrit à l’office de vulgaire perchoir à volaille que le chevalier de granit semblait même lui ravir, automate doué de parole mais privé d’essence, son humanité se dérobait à l’attention d’une ville quotidiennement noyée dans la fadeur mercantile de ses annonces.

    Et pourtant, au cours des semaines qui succédaient à l’incident du Brasamical, ses discours avaient de quoi allécher la cupidité de L’Aventurier le plus avisé :

    « Oyé oyé braves gens ! 5000 pièces d’or pour la tête du Clerc Basilus ! Considéré comme un redoutable adversaire, le prêtre du dieu fou se terre à l’Ouest de Bérégost et ses crimes ne peuvent rester impunis ! Mercenaires, affutez vos lames ; Sorciers, potassez vos arcanes ! Le Bourgmestre saura prouver sa reconnaissance aux héros capables de l’affronter !»

    Visiblement séduit par la plaidoirie du jeune tapageur, Ralexiel s’élança vers la statue, bousculant un passant qu’une des poêles de sa besace avait bruyamment heurté au visage sans qu’il daigne freiner son impulsion première.

    « Pardon ? Qu’est-ce que tu viens de dire ? Répète-nous ça ?! » Dirent ensemble Ralexiel et Yaga, des myriades d’étoiles dans les yeux. Tandis que la Bretteuse encaissait à peine l’idée de pouvoir transporter le quintuple de son poids en devises Royales, le métamorphe s’imaginait déjà convertir le montant Numéraire en Pintes par Seconde : En vertu des principes de la seconde loi de la thermo-alcoolémie, l’entropie de son foie augmenterait significativement …

    Décontenancé par les manières inhabituelles de ses interlocuteurs, le crieur reformula ses propos pour mieux les adapter à leur demande : « Un Clerc très puissant nommé Basilus enlève nos gens nuit après nuit, et les gardes qu’on a envoyé le neutraliser n’ont jamais revu la lumière du jour… on offre 5000 pièces d’or pour… »

    - Pardon ? Qu’est-ce que tu viens de dire ? Répète-nous ça ?! » le coupa à son tour Drasah, que le besoin aussi irrépressible qu’inexplicable de détailler un présentoir à pommes de terre avait laissé en retrait de la conversation. En dépit d’une oreille désormais tendue vers les instructions de l’imperturbable annonceur de platitudes, le jeune mage ne relâchait pas son étreinte du petit carnet à croquis qu’il garnissait d’esquisses des plus beaux légumes découverts sur les éventaires de Bérégost ; le calepin en devenait plus épais que son grimoire.

    Une nouvelle fois le crieur anonyme déballait stoïquement son laïus à un Entropiste plongé dans la contemplation béate d’une barquette de courgettes encore recouverte d’une fine couche de terre humide. Tandis que le magicien percevait d’une ouïe distraite les informations nécessaires à la cueillette d’un nécromancien frétillant, le fusain reproduisait sur papier les contours du tubercule avec la dextérité d’un moutard attardé.

    Trois longues minutes s’écoulèrent ainsi avant que l’Entropiste ne perde soudainement patience et interrompe le crieur une ultime fois au beau milieu de son oraison :

    -Monsieur, n’en dîtes pas plus ! Nous irons sauver votre grand-mère !

    -Messire, pardonnez-moi répondit le crieur, mais avez-vous seulement écouté mes avertissements ? On dit qu’il n’y a qu’un moyen de vaincre ce démon : il suffit de lui p…

    - Péter la mouille oui, on sait tout ça ! Lança à son tour Ralexiel, que l’impétuosité faisait trépigner.

    -Allons-y, de toute façon, on n’a pas de quoi s’offrir la moindre chambre dans les environs. On reviendra alimenter l’économie locale une fois qu’on aura touché la récompense ! Dit enfin Yaga d’un ton enjoué, dans l’ombre de la statue.

    A ces mots, les trois aventuriers quittèrent le modeste carrefour d’un pas conjoint et spontané, sous l’œil médusé d’un homme à qui ils n’avaient pas laissé la moindre occasion d’accomplir l’assommante besogne ; Drasah referma son album à patates en un clapot sec, le regard perdu dans le vague. Au cœur de son entretien avec l’annonceur, un malaise inconcevable troublait la clarté de ses raisonnements mais il ne parvenait pas à déterminer l’origine de son doute.

    Le trio improbable s’éloignait de la cité en direction du maquis indiqué par le braillard, et sous leurs foulées bientôt la lande s’étendait. A perte de vue.

    Le mage du groupe s’extirpa soudain de sa lambine rêverie pour proclamer, plus rationnel qu’il ne le paraissait en ville, à gribouiller son manuscrit légumier :

    « J’ai bien examiné nos options pour nous rendre à la tanière de l’azimuté. Après réflexion, nous allons devoir contourner le domaine du mage Thalanthyr : ses marchandises ne sont guère plus à la portée de notre bourse que ses gardiens à la portée de nos pouvoirs ; un passage à son manoir se ferait que nous ralentir. Et navré de devoir vous le dire, mais je n’ai pas pu mémoriser mes sortilèges depuis plusieurs jours, j’aimerais établir un campement ici, avant de poursuivre le voyage, si vous le voulez bien.

    - Qu’est-ce qu’il te reste en mémoire ? L’interrogea Ralexiel, un sourire discret aux lèvres ;

    - Notre Perte et notre Salut… rétorqua Drasah, fronçant les sourcils, l’esprit embrumé de souvenirs déplaisants.

    - Tu ne nous sers vraiment à rien, Pochette Surprise ! Dit à son tour le métamorphe, la remarque accompagnée d’un rire des plus irritants.

    - Mais moi je ne cours pas cul-nu dans les fougères lorsque je reprends forme humaine…
    Une telle provocation aurait immédiatement froissé la vanité de Ralexiel s’il n’orientait alors sa trombine déconfite vers une nouvelle bouffonnerie de Yaga :

    - Pourquoi une tête pareille ? S’esclaffa le mage, avant de tourner la sienne vers la source d’embarras de son interlocuteur.

    L’arcaniste s’en décrocha la mâchoire de stupéfaction, et réalisa subitement ce qui le dérangeait en sortie du hameau : La jeune Bretteuse semblait avoir intégralement dépouillé le brave crieur public de ses atours et les portait ostensiblement sans qu’aucun des protagonistes en présence s’en émeuve ou suspecte la plus infime incohérence dans le tableau.

    C’est à se demander qui est vraiment le magicien de la troupe… en conclut Ralexiel à voix basse, couvert par une Yaga qu’imiter les sermons criards de l’annonceur amusait autant que jongler habilement avec les quelques piécettes dont elle l’avait délesté.

    - Quelle équipe… on ira loin ensemble mes amis, oooh oui, » déclara Drasah, entre hilarité et amertume. Il ajouta, sarcastique :

    « Je m’occupe du bois et si on se dépêche, on dormira dans un chalet en rondins ce soir.
    Au fait : je vous méprise bande de Ringards !

    - Nullards ! Répondit Ralexiel
    - Blaireaux ! » Hurla Yaga derrière les fourrés, d’une voix étouffée.

    L’heure était venue de monter le camp…

    Bientôt, trois tentes individuelles ornaient le feu central d’un hémicycle de ronfleurs patentés.
    Un calme Olympien imprégnait la clairière adoptée pour le repos des justes. Seule la respiration littéralement vrombissante du Lycanthrope perturbait la parfaite tranquillité des lieux, au grand dam de ses deux compagnons. Si dans ce boucan Drasah parvint à trouver le sommeil, Yaga ne put fermer l’œil et préféra consacrer sa nuit à l’inventaire complet de ses larcins.

    Du bibelot insignifiant à la poignée de pièces de cuivre, la genèse de sa richesse future s’étendait sur la bure grossière de son drap. Estimant avec pitié l’assortiment de pacotilles à son chevet, la jeune Bretteuse ne put se retenir de pousser un râle de lassitude à l’idée du chemin à parcourir … Il commençait à lui paraître interminable : Dans un futur clément, la douceur d'un foyer modérerait ses velléités de faucher l'épargne d'autrui, mais cette perspective lui semblait encore bien lointaine…

    Sur cette pensée, elle remballa l’agglomérat informe de ses possessions dans la sacoche qu’elle leur réservait pour ses voyages. C’est alors que le tintement particulier du cuivre sur le bois de son écuelle la fit soudain reconsidérer l’écoute du chambard environnant.

    Des pas exceptionnellement lourds ponctuaient les ronflements de Ralexiel en un tambour de guerre battant : Quelque chose de gros approchait, et ça ne venait pas faire des câlins.

    A peine eut-elle le temps de s’équiper qu’une immense masse de guerre cloutée déchirait la fine toile de sa tente. Yaga esquiva la massue en une agile pirouette afin de se soustraire à la purée de tripes qui lui était destinée et de se faufiler hors de son fragile dortoir.

    En moins de temps qu’il n’en faut à Patrick Sébastien pour dire une connerie, elle se tenait devant son adversaire : un ogre plus imposant qu’un attelage de percherons saccageait leur campement à grands coups de gourdin. L’âme emplie de témérité, Yaga se jeta au contact, armée de deux épées longues qu’elle maniait avec la virtuosité d’un maître d’armes. De sa main principale, la vaillante lame fendit l’air pour entailler la monstrueuse cuisse du géant qu’un filet de sang sous pression aspergea généreusement. Elle n’eut pas le loisir de se hasarder à une seconde attaque : l’ogre lui asséna un revers de taloche à en décoller la mâchoire d’une Wiverne qui la propulsa contre le chêne voisin et l’estourbit violemment.

    Avant que le croquemitaine ait pu achever sa victime, trois projectiles magiques le frappèrent à la nuque et le lui tannèrent si rudement le cuir qu’il entra dans une furie indescriptible. Les débris issus des effets personnels du trio héroïque jaillirent en un ballet de fragments épars sous les beuglements féroces du gigantesque monstre. Tandis que son arme menaçait de s’abattre sur le tonnelet à bière du groupe, un puissant cri de détresse retentit soudain dans l’obscurité :

    « NOOOOOOOOOOOON !!!! » C’était Ralexiel, que le spectacle d’une mesure de houblon en péril avait réveillé sous la forme d’un Loup-Garou rugissant. Bondissant rageusement de tronc en tronc, le lycanthrope fondit sur son ennemi en un saut embelli d’insultes en tous genres. L’assaut initial fit basculer le colosse sur une tente encore debout, et permit à la bête de planter ses crocs dans son bras gauche. Mais de son autre bras valide, l’ogre put saisir le loup à la gorge et l’envoyer cabrioler dans les marmites dont le carillon agrémentait le combat d’une touche de lyrisme.

    A quelques mètres de là, Drasah, toujours en slip de nuit, hésitait à utiliser les derniers sorts inscrits à son grimoire sur leur agresseur : rien ne pouvait prévoir l’influence qu’ils auraient sur l’issue de la bataille. Il lança à Ralexiel :

    « Veux-tu que je t’apporte mon aide ou non ?
    - Non ! Surtout pas ! Tu vas tout faire capoter ! lui répondit le Loup de sa voix surnaturelle.

    Pourtant le déroulement du baroud ne lui donnait pas l’avantage : Il vacillait sous le coup de lourdes et innombrables tapes dans le museau dont il se relevait systématiquement avec courage, mais il faiblissait à chaque nouvelle volée de caresses. A ce rythme, le duel tournerait court.

    - Tu veux que je t'aide ?
    - Non !
    - Tu veux que je t'aide ?
    - Non ! Ca va !
    - Vraiment vraiment ?
    - Ca va aller !

    Un dernier choc sur le museau lui brisa une série de dents qu’on vit nettement se ficher dans le feuillu où gisait Yaga. Ralexiel, à terre et blessé, gémissait comme un chiot trempé :

    - Mais bon sang, fais quelque chose !! » brailla t-il à Drasah tandis qu’il reprenait forme humaine.

    Les mains au ciel et le slip au vent, le mage se risqua à modeler une énergie magique réputée incontrôlable et donc légitimement redoutée par ses confrères, au moyen d’une incantation appropriée : la « Rupture Hasardeuse de Nahal », la bien-nommée, scellerait définitivement leur destin en cette nuit bénie.

    Au terme du sort, un brouillard vaporeux emplit l’air d’une texture cotonneuse que la vue ne pouvait percer. Le rythme cardiaque en suspens, le mage attendait, anxieux, de pouvoir apprécier les effets bénéfiques du maléfice qu’il venait de prononcer.

    Lorsqu’il examina le sol, il sentit une nuée grouillante de lapins se glisser entre ses jambes et se répandre à grands flots dans les bois…L’échec retentissant de son pathétique essai le fit réagir étrangement ; son visage s’éclaira d’un sourire éclatant alors qu’il proclamait, admirablement digne et naturellement quiet :

    « Les copains… Courez… »

    Par delà la barrière de brume, on discernait distinctement les cris d’indignations de leur belligérant que la perte de ses proies exaspérait. Couvert d’une épaisse bouillasse ocre et fou de rage ne se voir imposer une nouvelle Galoupiade, Ralexiel, le tonneau de bière solidement agrippé en main, emporta la frêle silhouette de Yaga sur son échine meurtrie et prit la tangente vers la première cachette où se terrait son autre compagnon.

    Désarmés, vaincus, et sans beaucoup plus de vêtements que le jour de leur naissance, nos héros attendaient désespérément la venue d’une aube salvatrice, honteusement embusqués dans le feuillage clairsemé de trois buissons chétifs. Heureusement pour eux, le brouillard troublait suffisamment la visibilité de l’ogre pour qu’il ne s’occupe que d’émietter la totalité des biens entreposés dans leur cantonnement…

    Dans la bourbe immonde que la noirceur nocturne emmitouflait, un buisson se confia à l’autre en ces mots :

    « Aucun doute, je crois qu’on est plus que prêts à affronter le Clerc Basilus !

    - Ta Gueule ! Lui répondit l’autre.

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